
D’ailleurs, les astronefs étaient aussi devenus plus rapides. Un voyage de cent années-lumière était un petit voyage. Un voyage de mille années-lumière était faisable. Des explorateurs avaient même été beaucoup plus loin. Ils avaient signalé l’existence d’univers plus éloignés qui attendaient encore la venue de l’homme. Cependant, la grande majorité des planètes nouvellement découvertes ne contenaient toujours pas de vie. Des systèmes solaires entiers flottaient dans l’espace sans qu’on pût y découvrir une seule cellule vivante.
C’est pour cela que furent créés les navires d’ensemencement. Leur rôle n’était pas glorieux. Ils ne faisaient que contaminer méthodiquement les mondes stériles en y apportant la vie.
Le navire d’ensemencement Orana se posa sur la planète qui n’avait toujours pas de nom. Il la contamina soigneusement. Puis, tournant inlassablement au-dessus des nuages, il déversa une fine poussière ; les spores de tous les micro-organismes imaginables capables de transformer la roche en poussière, puis cette poussière en terre. Il procéda à un ensemencement de moisissures, de champignons et de lichens, et de tout ce qui pouvait transformer le sol originel en matière sur laquelle des êtres plus complexes pourraient vivre. L’Orana pollua les mers de plancton. Puis, lui aussi, il repartit.
D’autres siècles encore s’écoulèrent. Les navires humains se perfectionnaient toujours. Mille années-lumière représentaient un petit voyage. Les explorateurs avaient atteint le bord même de la Galaxie et se préparaient à conquérir, par-delà le vide, d’autres univers flottants.
