
Il n’y avait plus d’univers surpeuplés. Mais on cherchait toujours des mondes nouveaux, car les humains n’aiment rien tant que croître et se multiplier. Ils font des enfants, ces enfants grandissent, prennent de plus en plus de place… et font des enfants à leur tour.
C’est pourquoi, près de mille ans après l’Orana, le navire écologique Ludred vogua vers la planète sans nom et s’y posa. C’était un vaisseau gigantesque dont la mission était absolument fantastique.
En premier lieu, les savants embarqués à bord du Ludred étudièrent les résultats de la visite de l’Orana. Ils les trouvèrent pleinement satisfaisants au point de vue technique.
Il y avait maintenant de la terre sur la surface de la planète. Et elle fourmillait de minuscules organismes vivants. Des champignons s’étaient développés de façon monstrueuse. Les océans grouillaient de formes de vie microscopiques. Il y avait même quelques mutations biologiques dues aux conditions locales. On trouvait par exemple des paramécies aussi grosses que des raisins. Les levures avaient atteint des dimensions telles qu’elles portaient des fleurs visibles à l’œil nu. Pourtant, la vie sur la planète n’était pas autochtone. Elle était entièrement constituée par la descendance, adaptée et modifiée, des micro-organismes implantés par le navire d’ensemencement Orana. L’Orana dont la coque était depuis longtemps un tas de ferraille et dont les passagers n’étaient plus que des noms dans des généalogies – si tant est qu’ils y figurent encore.
