
Le Ludred demeura sur la planète beaucoup plus longtemps qu’aucun des navires qui l’avaient visitée auparavant. Il lâcha des semences. Il répandit d’innombrables variétés botaniques qui devaient prendre racine et pousser. Il mit des plantes marines dans les océans, des plantes alpines sur les montagnes. Et lorsque toutes les variétés stables furent employées, les savants ajoutèrent des plantes génétiquement instables. Pour les générations futures, ces dernières fourniraient des variétés anormales particulièrement bien adaptées à leur nouveau milieu planétaire.
Avant de repartir, le Ludred déversa des poissons dans les mers. Ces animaux devaient vivre d’abord du plancton qui faisait de l’océan un véritable bouillon de culture. Certaines variétés de poissons allaient se multiplier rapidement. D’autres allaient grossir et se nourrir des espèces plus petites.
La dernière activité du Ludred fut d’installer sur la planète des blocs réfrigérateurs remplis d’œufs d’insectes. Certains de ces blocs devaient libérer leur contenu dès que les plantes auraient poussé suffisamment pour assurer la nourriture des larves. D’autres ne laisseraient les insectes réfrigérés éclore que lorsque les premiers libérés se seraient suffisamment multipliés pour leur servir de proie.
En fait, le navire écologique avait déposé sur la planète toutes les formes de vie susceptibles de s’y adapter.
Cela excluait évidemment la totalité des animaux qui, ayant besoin de soins maternels pour se développer, n’auraient eu aucune chance de survie. Les espèces implantées cette fois-là étaient celles dont les représentants pouvaient se débrouiller seuls dès leur naissance. Aussi l’équipe du Ludred n’avait-elle lâché aucun oiseau, aucun mammifère. Les arbres et la plupart des végétaux, les poissons, les crustacés et les têtards – ainsi que toutes les variétés d’insectes – pouvaient être abandonnés à leur sort. Mais c’était tout.
