
— Il peut percuter Marcella ou s’écraser sur Jupiter ! s’écria Evguéni Andrianovitch. Le système de commande du Cardan est déréglé ! Appelez immédiatement le Cardan, qu’il rentre. Nous essayerons de le lui expliquer…
— Cela ne donnera rien, s’avança Anton Pétrovitch. La radio du Cardan est en panne.
— Donc, il ne reste qu’à envoyer la fusée d’interception.
— Evguéni Andrianovitch, laissez-moi agir, dit le directeur du musée. Je le rattrape et je le fais revenir. Et puis…, sourit-il, nous nous connaissons un peu… l’ingénieur Stretton et moi !
— Allez-y, dit le président. Chaque minute compte. Si le Cardan n’obtempère pas, il faudra le faire sauter. Mais j’espère qu’on n’en arrivera pas là.
— Sûrement pas. Je connais suffisamment Stretton.
« En effet, pensa involontairement Evguéni Andrianovitch, est-ce que Georges Stretton n’a pas prêté à ce robot audacieux ses meilleurs traits : la témérité, la soif de savoir, la persévérance… Et voilà le résultat. »
— Il est merveilleux qu’une œuvre humaine ait atteint un si haut degré de perfection, fit le directeur du musée comme s’il lisait dans les pensées de Evguéni Andrianovitch. Quand il était fortement ému, Anton Pétrovitch s’exprimait parfois avec emphase.
