
En réponse à la question du Conseil supérieur de coordination, un radiogramme parvint d’Edimbourg : « Nous avons, effectivement, parmi nos collaborateurs l’ingénieur-constructeur de première classe Georges Stretton. Excellent technicien et scientifique de talent. Il se trouve en ce moment à Clyde, où il dirige un nouveau cycle d’essais des systèmes autocommandés. »
« Se trouve en ce moment à Clyde », répéta, avec un sourire forcé, le président du Conseil. Quel exemple d’erreur grave ! Un écran ovale s’alluma devant le président. On pouvait lire : « Urgent. De la part du dispatcher du cosmoport. » Les caractères fondirent et un jeune visage féminin surgit.
— Evguéni Andrianovitch, la fusée spéciale est prête à atterrir. Secteur deux, aire quatorze…
— Je vous remercie. Dans une demi-heure, nous y serons. Vous pouvez faire chauffer les moteurs.
Le président du Conseil prit un escalier roulant pour gagner la terrasse. La nuit commençait déjà à s’éclaircir. Une pluie fine tombait toujours depuis la veille. Devant la balustrade, Anton Pétrovitch piétinait impatiemment.
— Nous allons au cosmodrome. Vous me donnerez les détails en chemin, dit le président.
La portière du monoplane se referma et le moteur vrombit aussitôt à pleine puissance. Après une brève course, l’appareil décolla vers le ciel couvert.
— Nous serons à Edimbourg dans vingt minutes, dit le pilote.
— Virez directement vers le cosmodrome de Clyde, répondit le président.
La bande serrée de La Manche passa rapidement loin en bas.
En Écosse, c’était le véritable été indien.
Le cosmodrome se trouvait sur un plateau peu élevé, noyé dans la verdure. Les lampes luminescentes et les murs phosphorescents des bâtiments du cosmodrome rivalisaient sans effort avec l’aube qui pointait à peine.
