
Tout indiquait que la journée allait être claire et ensoleillée.
— Chez l’ingénieur Stretton, dit le président du Conseil au conducteur de la voiture.
La route serpentait à travers les champs. Le blé était déjà rentré. Des machines cybernétiques travaillaient la terre, la préparant pour les prochaines semailles. On ne voyait personne nulle part. L’une des machines, visiblement attirée par la lueur des phares, faillit bondir vers la route, mais un bref ordre radio du conducteur lui fit rebrousser chemin.
— Elle a dû croire que c’était l’agronome qui arrivait, expliqua le conducteur.
Un panneau indiqua : « Clyde ». Des deux côtés de la route filèrent des constructions en coupole. Certaines d’entre elles, bleues, vertes, orange resplendissaient. D’autres étaient dans l’ombre.
La voiture freina brutalement devant une coupole bleue. Dans sa lumière, les bruyères semblaient des plantes d’une autre planète. La porte jaune se découpait nettement sur le fond bleu. Le conducteur l’atteignit le premier et appuya sur le bouton de la sonnette. Personne ne vint ouvrir.
— Georges, appela le conducteur sans forcer la voix.
Il n’eut pour réponse qu’un écho sourd. Le conducteur tambourina contre la porte, mais le plastique étouffait les coups.
— C’est fermé à clé ? demanda Anton Pétrovitch, en essayant de pousser la porte.
— Il n’y a pas de serrures ici, fit le conducteur en hochant la tête.
— On dirait que c’est fermé de l’intérieur, dit le président du Conseil. Un petit effort !
La porte ne tarda pas à céder sous l’assaut conjugué des trois hommes. Il s’avéra qu’elle était bloquée par une massive table de laboratoire.
— Georges, appela de nouveau le conducteur.
Pas de réponse. Le groupe visita toutes les pièces, mais l’ingénieur restait introuvable.
