de doper un peu son salaire minable, comme elle disait. Elle leur avait affirmén’avoir jamais pris part à aucune course-poursuite. Elle ne possédait pas depistolet et encore moins de fusil automatique, du reste, la police islandaisen’utilisait pas d’armes à feu. Les malfrats, quant à eux, étaient généralementdes malheureux, de pauvres types, pour reprendre l’expression de Sigurdur Oli,et la plupart étaient bien connus des services de police. La majorité desaffaires concernait des cambriolages et des vols de voitures. La brigade desstupéfiants s’occupait du trafic de drogue et les crimes graves comme les violsatterrissaient régulièrement sur le bureau d’Elinborg. Les meurtres étaientrares, même si leur nombre variait d’une année à l’autre : parfois, il n’yen avait aucun, d’autres années, il pouvait y en avoir jusqu’à quatre. Cesderniers temps, la police avait remarqué une dangereuse évolution : lescrimes étaient plus prémédités, le recours aux armes plus fréquent et laviolence plus impitoyable.

En général, Elinborg rentrait éreintée dans la soirée etelle préparait le dîner, réfléchissait aux recettes sur lesquelles elletravaillait, car la cuisine était sa grande passion, ou bien elle s’allongeaitsur le canapé et s’endormait devant la télévision.

À ces moments-là, les garçons quittaient parfois leursséries policières des yeux pour regarder leur mère et se disaient que la policeislandaise n’était décidément pas à la hauteur.

La fille d’Elinborg n’était pas du même bois que ses frères.Il était vite apparu que Theodora était exceptionnellement douée, ce qui luiavait d’ailleurs valu un certain nombre de problèmes à l’école. Elinborg avaitrefusé de lui faire sauter une classe parce qu’elle voulait la voir grandir encompagnie d’enfants de son âge, mais le programme n’était absolument pas enadéquation avec ses capacités. Cette gamine avait constamment besoin d’êtreoccupée : elle faisait du basket, étudiait le piano et allait chez les



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