— Et qui était cet homme ? glissa Teddi.

— Il n’est pas connu de nos services.

— Comment a-t-il été tué ? demanda Valthor.

Elinborg lui lança un regard.

— Tu sais parfaitement que tu ne dois pas me poser cegenre de questions.

Valthor haussa les épaules.

— C’est pour une affaire de drogue qu’il a été… ?risqua Teddi.

— On ne pourrait pas parler d’autre chose ?demanda-t-elle. Pour l’instant, nous n’avons presque rien.

Ils savaient en effet qu’ils devaient se garder d’être troppressants car elle préférait rester discrète sur son travail. Les hommes de lafamille s’étaient toujours beaucoup intéressés aux activités de la police etquand ils la savaient sur une affaire importante, ils ne pouvaient s’empêcherde l’interroger sur les détails et allaient même jusqu’à donner leur point devue. En général, leur curiosité faiblissait quand les enquêtes traînaient enlongueur, alors ils la laissaient tranquille.

Ils étaient très friands de séries policières à la télé.Plus jeunes, les garçons avaient été aussi impressionnés qu’excités par le faitque leur mère travaille à la Criminelle, comme ces gens exceptionnels qu’onvoyait dans les feuilletons. Ils n’avaient toutefois pas tardé à comprendre quece qu’elle leur racontait ne correspondait en rien à ce qu’ils connaissaient.Les héros des séries avaient généralement un physique et des attitudes demannequins, ils étaient excellents tireurs et leurs paroles faisaient mouche àchaque fois qu’ils se frottaient à des malfrats calculateurs. En outre, ilsrésolvaient les enquêtes les plus complexes à la vitesse de l’éclair etcitaient la littérature mondiale entre deux courses-poursuites. Les plusatroces des meurtres étaient perpétrés à chaque épisode, parfois il y en avaitmême deux, trois ou quatre, le salaud était toujours attrapé à la fin et ilrecevait un châtiment amplement mérité.

Les garçons savaient qu’Elinborg travaillait énormément afin



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