
— Cela va de soi, répondit son collègue. Il y a encoreune chose…
— Laquelle ?
— Tout ce qui se trouve dans cet appartement appartientà un homme, l’ensemble des vêtements, des chaussures, des manteaux etimperméables…
— Oui.
— À l’exception de ce qui est plié là, indiqua-t-il enmontrant du doigt une chose informe qui avait été placée dans un sachet zippéde la Scientifique.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Ça ressemble à un châle, répondit l’homme tandisqu’il saisissait le sachet en plastique. Nous l’avons retrouvé, touttirebouchonné sous le lit de la chambre. Voilà qui viendrait confirmerl’hypothèse selon laquelle notre homme était en galante compagnie.
Il ouvrit le sachet pour l’approcher du nez d’Elinborg.
— Il s’en dégage une odeur assez particulière,observa-t-il. De la cigarette, du parfum et aussi quelque chose qui ressembleà… des épices…
Elinborg plongea son nez dans le sachet.
— Nous allons bien trouver ce que c’est, reprit-il.
Elinborg inspira profondément le châle en laine de couleurviolette. Elle sentit l’odeur âcre de la fumée de cigarette, le parfum fémininet, son collègue avait parfaitement raison, elle y décelait clairement uneépice qu’elle connaissait très bien.
— Tu sais ce que c’est ? interrogea Sigurdur Oliqui la regardait, interloqué.
Elle lui répondit d’un hochement de tête.
— C’est ma préférée, observa-t-elle.
— Ta préférée ? s’étonna le gars de laScientifique.
— Tu veux dire, ton épice préférée ? suggéraSigurdur Oli.
— En effet, acquiesça Elinborg. Enfin, il s’agit plutôtd’un mélange. Un mélange indien. On dirait bien que… cela me fait penser à dutandoori. Il me semble que c’est l’odeur du tandoori.
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Les voisins avaient pour la plupart été très coopératifs. La
