Elle s’était occupée du reste en attendant patiemment leurfeu vert pour entrer dans l’appartement. Des journalistes de la presse écrite,de la télévision et de la radio s’étaient rassemblés sur place et elle lesobservait en plein travail. Ils se montraient insistants, certains étaient mêmeinsultants envers les policiers qui leur barraient l’entrée du périmètre. Elleen avait reconnu deux ou trois qui travaillaient pour la télévision, unprésentateur minable récemment promu journaliste et un autre qui animait uneémission politique. Elle se demandait ce qu’il fabriquait en compagnie de cetteclique. Elinborg se souvenait qu’à ses débuts, lorsqu’elle était l’une desrares femmes dans les rangs de la Criminelle, les journalistes étaient pluspolis et, surtout, nettement moins nombreux. Elle préférait ceux desquotidiens. Les représentants de la presse écrite s’accordaient plus de temps,ils étaient plus discrets et moins présomptueux que ceux qui avaient leurcaméra à l’épaule. Certains étaient même de bonnes plumes.

Les voisins épiaient depuis leurs fenêtres ou étaient sortissur le pas de leur porte, les bras croisés dans la fraîcheur de l’automne.L’expression de leur visage affichait clairement qu’ils n’avaient aucune idéede ce qui avait pu se passer. Les policiers avaient commencé à les interrogeret à leur demander s’ils avaient remarqué des choses inhabituelles dans la rue,des mouvements suspects aux abords de la maison, des allées et venues, s’ilsconnaissaient la victime, s’ils étaient déjà allés chez elle.

Elinborg avait autrefois loué un appartement dans Thingholt,avant que l’endroit ne devienne à la mode. À l’époque, ce vieux quartier



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