construit sur la colline au-dessus du centre lui avait beaucoup plu. Les constructionsdatant d’époques diverses retraçaient l’histoire de l’architecture sur tout unsiècle, certaines étaient de simples maisons de prolétaires, d’autresd’imposantes bâtisses construites par des négociants. La classe ouvrière et labourgeoisie y avaient toujours vécu en bonne intelligence jusqu’à ce que lequartier se mette à attirer des jeunes qui refusaient l’extension perpétuellede l’agglomération et préféraient venir se nicher au plus près du cœur de lacapitale. Des artistes et toutes sortes de bobos étaient venus s’y installer.Quant aux nouveaux riches, démesurément riches, ils avaient acquis les ancienspalais des grossistes d’autrefois. Désormais, les habitants arboraient le codepostal du quartier comme signe de reconnaissance. C’était le 101 Reykjavik.

Le chef de la Scientifique apparut au coin de la maison d’oùil appela Elinborg. Il lui demanda d’être vigilante et lui rappela de netoucher à rien.

— Ce n’est vraiment pas beau à voir, précisa-t-il.

— Ah bon ?

— On se croirait dans un abattoir.

L’appartement disposait d’une entrée séparée donnant sur lejardin et invisible depuis la rue. Situé au rez-de-chaussée, on y accédaitdirectement par une allée recouverte de dalles qui menait vers l’arrière de lamaison. La première chose qui apparut à Elinborg fut le cadavre d’un hommejeune, gisant au milieu du salon, et dont le pantalon était baissé sur leschevilles. Il n’avait pour vêtement qu’un t-shirt maculé de sang portantl’inscription « San Francisco ». Du F dépassait une toute petitefleur.

2

Sur le chemin du retour, Elinborg s’arrêta dans un magasind’alimentation. En général, elle accordait assez de temps aux courses etévitait les chaînes à prix cassés, qui n’offraient qu’un choix restreint deproduits dont la qualité était, par ailleurs, à la hauteur de la dépense. Mais



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