
là, elle était pressée. Ses deux fils l’avaient appelée pour lui demander sielle allait leur cuisiner le dîner qu’elle leur avait promis, ce qu’elle avaitconfirmé en précisant toutefois qu’il serait un peu tardif. Elle s’efforçait defaire à manger chaque soir. Cela lui permettait de s’asseoir autour d’une tableet de passer un moment avec sa famille, même si cela ne durait que le quartd’heure au cours duquel les gamins engloutissaient leur repas. Elle savaitégalement que si elle ne préparait rien, les garçons s’achèteraient des saletéshors de prix avec le peu d’argent qu’ils étaient parvenus à gagner entravaillant pendant l’été ou même qu’ils s’arrangeraient pour que leur père lefasse. Teddi, son compagnon, n’était vraiment pas doué pour la cuisine, ilétait tout juste capable de cuire des œufs sur le plat et de préparer quelquechose qui ressemblait à de la bouillie de flocons d’avoine, mais cela n’allaitpas plus loin. En revanche, il ne rechignait pas à débarrasser et ne renâclaitpas devant les tâches ménagères. Elinborg était en quête d’un plat qui nenécessiterait que peu de préparation ; elle trouva une farce de poissonqui lui semblait correcte, attrapa un paquet de riz, des oignons, prit diversautres produits qui manquaient à la maison et retourna à sa voiture au bout dedix minutes.
Une heure plus tard, la famille s’installa à la table de lacuisine. Le fils aîné râla devant les boulettes de poisson en précisant qu’ilsen avaient déjà mangé la veille au soir. Il n’aimait pas les oignons qu’il triasoigneusement sur le bord de son assiette. Le cadet tenait plus de son père etavalait tout ce qu’on lui donnait. La fille, la benjamine, prénommée Theodora,avait téléphoné pour demander l’autorisation de manger chez son amie aveclaquelle elle faisait ses devoirs.
— Il n’y a pas autre chose que cette sauce ausoja ? s’enquit l’aîné.
Il s’appelait Valthor et venait d’entrer au lycée. Il avait