C’est vrai que le Soleil était encore plein d’énergie, mais les astrophysiciens envisageaient les choses plusieurs millions d’années à l’avance. Le travail concernant le déplacement de la Terre était de taille.

Maintenant, pour remplacer Den il allait falloir mettre en service des centaines de postes de secours tandis que des milliers de personnes se pencheraient sur les déchiffreurs de machines analytiques.

Il sembla à Elvan que ce qui s’était passé n’était rien de plus qu’un mauvais rêve. « Mais qui a donc pu faire cela ? » se demandait-il.

Admettons qu’il se soit effectivement trouvé un criminel. Comment aurait-il pu franchir la protection magnétique ? C’est invraisemblable, elle est imperméable. Mais même en supposant l’impossible… qu’il ait pu pénétrer sous la coupole. De toute façon le vaurien n’aurait même pas pu effleurer du doigt Den dont les nerfs sont aussi sensibles que les cordes d’un stradivarius. Au moindre attouchement d’une main étrangère les signaleurs de tous les postes de contrôle se déclenchent. Or, il ne s’est rien produit de tel : les gardiens électroniques sont restés muets.

L’énorme coupole fut brusquement envahie par une flamme pourpre : le soleil avait enfin percé le brouillard et, triomphant, s’élevait dans les airs.


* * *

— Vous n’avez donc rien remarqué de répréhensible en pénétrant dans la coupole de Den ? demanda pour la énième fois l’homme aux cheveux blancs et aux traits fatigués, que tous les Terriens connaissaient.

« J’aurais préféré qu’il me passe un savon », songea Elvan bien que n’éprouvant aucun sentiment de culpabilité. Peu importe… C’est lui, Elvan, qui avait été le dernier à voir Den. D’autre part, il était maintenant chef coordinateur.

— Tout était comme à l’accoutumée, dit Elvan.



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