Ayant saisi la branche noueuse qu’un vieux mûrier lui tendait, Elvan se hissa. Le tronçon le plus difficile était désormais dépassé.

Les blocs de diabase étaient tièdes dans les rayons du soleil couchant. Tout en bas, le défilé planté de pins nains formait une masse sombre.

De là on n’apercevait pas encore la mer, mais celle-là se devinait. Pourquoi, cela Elvan n’aurait pas été à même de l’expliquer.

Après une brève halte il reprit son chemin.

Les contreforts bleus des lointaines montagnes étaient enveloppés de brouillard.

Voilà la clairière aux ifs biscornus, leur clairière. Fourbu, Elvan se mit à genoux devant des inflorescences au fond desquelles dormaient de limpides gouttes de pluie. Il suffit d’une seule gorgée, d’une petite gorgée de ce liquide rafraîchissant… Elvan ferma les yeux. Devant lui se présenta le visage osseux du président. « J’ai peut-être été brusque, mais qui pouvait savoir ? dira-t-il d’une voix sourde devant le Petit Conseil. J’ai peut-être eu tort ?…

Je voudrais bien savoir, on est longtemps tour-qui l’incita à se taire. Il semblait qu’elle l’avait compris.

— Tu sais, c’est seulement hier soir que j’ai trouvé un trou pour me rendre à la phonothèque, dit Marie à haute voix. Je voulais te trouver quelque chose. Je sais ce qui te plaft. Imagine-toi que j’ai déniché quelques enregistrements de Bozio. Tu te rends compte, ils sont du dix-neuvième siècle !… Un soprano cristallin. C’est un miracle qu’ils se soient conservés. De véritables antiquités ! Sais-tu qui m’a aidée à mettre la main dessus ?

— Qui donc ?

— Kir ! annonça solennellement Marie. Kir, à propos duquel tu ne cessais de me rabattre les oreilles.



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