
— Kir ? fit Elvan, étonné. Que fait-il à l’Informatorium ?
— On dit qu’il y est en stage. Il se prépare en vue d’une expédition dans le Grand espace.
— 11 t’a chargée de me transmettre quelque chose ?
— Bien sûr ! Un cordial bonjour et encore quelque chose…
— Kir et moi sommes de vieux copains depuis la Cité Verte, dit Elvan. A l’époque je faisais mes premières armes comme laborantin au secteur biologique. Quant à Kir, il venait d’être monté avec des circuits protéiques…
— C’est donc un robot ? Tu ne me l’avais jamais dit. Un garçon tellement agréable…
— Très agréable, sourit Elvan, et le plus instruit de sa classe qui plus est. A propos, ce jeune homme est exactement de seize ans mon cadet.
— Il a donc dix ans ?
— Oui. Pour un robot le temps s’écoule autrement que pour l’homme.
— Soit dit en passant, Kir te transmet une surprise, dit Marie. Elle retroussa sa tunique, sortit d’une poche un petit paquet soigneusement enveloppé dans du plastique et le tendit à Elvan.
— Un livre ! fit celui-là avec étonnement. Et il défit l’emballage avec hâte.
— Ancien, dit Marie.
— A l’époque on imprimait encore sur du papier…
C’était un livre fatigué, ayant perdu sa couverture. « Dieu sait combien de personnes ont lu cet ouvrage avant qu’il ne parvienne ici », songea Elvan.
— Je l’ai lu d’une traite hier soir, aussitôt rentrée de chez Kir, dit Marie.
Elvan ouvrit le livre au hasard et lut.
— J’aimerais bien savoir quel en est l’auteur, dit Marie.
— Difficile à dire… Tu sais ce que je vais faire ? Je vais donner ce livre aux analystes qui planchent sur cette funeste bande perforée… Ils n’ont qu’à essayer d’en déterminer l’auteur d’après la longueur des vers, comme ils s’en targuent. Mais peut-être s’agit-il d’une machine du type « Calliope » ou « Muse-10 » ?
