insinué que je recevrais un cadeau assez « significatif » (ce sontses propres mots) quand le film serait présenté sur la BBC. Pour lui, jecontribuais à la propagation d’un mythe important, et cela méritait unerécompense généreuse. Un guide m’a expliqué que le nombre des visiteursaugmentait chaque année et que toutes les références au lieu seraient positives,même si l’on affirmait que le château était une mystification, que Vlad Draculétait un personnage historique sans aucun rapport avec le mythe, et que toutecette histoire n’était que le délire d’un Irlandais (N.d.R. : BramStoker) qui n’avait jamais visité la région.

À ce moment précis, j’ai comprisque, aussi rigoureux que je puisse être avec les faits, je collaboraisinvolontairement à un mensonge. L’idée de mon scénario était justement dedémystifier l’endroit, mais les gens croient ce qu’ils veulent ; le guideavait raison, au fond, j’allais contribuer à lui faire davantage de publicité. J’airenoncé immédiatement au projet, bien que j’eusse investi une somme nonnégligeable dans le voyage et dans les recherches.

Mais l’expédition en Transylvaniedevait avoir finalement un impact énorme sur ma vie : j’ai rencontréAthéna, au moment où elle recherchait sa mère.

Le destin, ce mystérieux, implacabledestin, nous a mis face à face dans le hall insignifiant d’un hôtel plusinsignifiant encore. J’ai été témoin de sa première conversation avec Deidre – ouEdda, ainsi qu’elle aime qu’on l’appelle. J’ai assisté, comme spectateur demoi-même, au combat inutile que menait mon cœur pour que je ne me laisse passéduire par une femme n’appartenant pas à mon univers. J’ai applaudi quand laraison a perdu la bataille, et je n’ai eu d’autre solution que de m’abandonner,d’accepter que j’étais amoureux.

Et cette passion m’a conduit àassister à des rituels ; que je n’aurais jamais imaginés, àdeux matérialisations, à des transes. Pensant que l’amour m’aveuglait, j’ai



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