Elle prit une douche, se lava les cheveux,les sécha, enfila un tee-shirt, un jean, se maquilla pour dissimulerd’éventuelles marques, mit un soupçon de rouge à lèvres, s’examina dans laglace en se forçant à sourire. Il ne s’est rien passé, Zoé ne doit rien savoir,prendre l’air gai, faire comme si de rien n’était. Elle ne pourrait en parler àpersonne. Obligée de vivre avec ce secret. Ou le dire à Shirley. Je peux toutdire à Shirley. Cette pensée la rasséréna. Elle souffla bruyamment, expulsantla tension, l’angoisse qui lui écrasait la poitrine. Avaler une dose d’arnicapour ne pas avoir de bleus. Dans l’armoire à pharmacie, elle prit un petittube, le déboucha, versa la dose sous la langue, la laissa fondre. Peut-êtrealerter la police ? Les prévenir qu’un meurtrier rôdait ? Oui mais…Zoé le saurait. Ne rien dire à Zoé. Elle ouvrit la trappe de la baignoire, ycacha le colis d’Antoine.

Personne n’irait fouiller là.

Dans le salon, elle se servit un grandverre de whisky et partit rejoindre Zoé à la cave.

— Maman, je te présente Paul…

Un garçon de l’âge de Zoé, maigre comme unhéron, une huppe de cheveux blonds crêpelés, le torse moulé dans un tee-shirtnoir, s’inclina devant Joséphine. Zoé guettait le regard approbateur de samère.

— Bonjour, Paul. Tu habites dansl’immeuble ? demanda Joséphine d’une voix blanche.

— Au troisième. Je m’appelle Merson.Paul Merson. J’ai un an de plus que Zoé.

Il semblait important, à ses yeux, depréciser qu’il était plus âgé que cette gamine qui le contemplait, les yeuxmangés de dévotion.

— Et vous vous êtes rencontréscomment ?



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