
Un vendredi sur deux, Joséphine conduisaitZoé à la gare du Nord. Philippe et Alexandre, son fils, venaient la chercher àSaint Pancras. Philippe avait offert à Zoé un abonnement sur l’Eurostar et Zoépartait, impatiente de retrouver sa chambre dans l’appartement de son oncle àNotting Hill.
— Parce que tu as ta propre chambrelà-bas ? s’était exclamée Joséphine.
— J’ai même une penderie avec plein devêtements pour pas que je trimbale de valise ! Il pense à tout, il esttrop bien, Philippe, comme tonton !
Joséphine reconnaissait dans cetteattention la délicatesse et la générosité de son beau-frère. Chaque foisqu’elle avait un problème, qu’elle hésitait devant une décision à prendre, elleappelait Philippe.
Il répondait toujours je suis là, Jo, tupeux tout me demander, tu le sais bien. Elle entendait son ton bienveillant,elle était aussitôt rassurée. Elle se serait bien attardée dans la chaleur decette voix, dans la tendresse qu’elle devinait derrière le léger changementd’intonation qui suivait son « Allô, Philippe, c’est Jo », mais unavertissement montait en elle attention, danger ! C’est le mari de tasœur ! Garde tes distances, Joséphine !
