
— Cela regarde l’armée. Les SS n’ont rien à voir là-dedans.
— Si, dit Hossbach, qui se saisit d’une feuille de papier posée sur son bureau. Le Commandement Suprême a transmis cette affaire au bureau de l’Obergruppenführer Heydrich. Et il me semble approprié que je vous la transmette à mon tour.
— Pourquoi, approprié ?
— L’officier concerné est le capitaine Klaus Woermann, celui que vous m’aviez signalé il y a un an environ à la suite de son refus d’adhérer au Parti.
Kaempffer se sentit quelque peu soulagé.
— Et comme je serai en Roumanie, c’est à moi qu’il revient de régler cette affaire.
— Exactement. Votre année à Auschwitz ne devrait pas seulement vous avoir appris à diriger efficacement un camp mais aussi à mater les partisans. Je suis certain que vous n’en aurez pas pour longtemps.
— Je peux voir ce papier ?
— Certainement.
Kaempffer prit la feuille et en lut les deux lignes. Puis il les relut.
— Il a été convenablement décodé ?
— Oui. J’en ai trouvé le texte assez étrange et j’ai fait procéder à un nouveau décodage. C’est tout à fait correct.
Kaempffer lut une nouvelle fois le message :
Demande réaffectation immédiate.
Quelque chose extermine mes hommes.
Curieux message. Il avait connu Woermann pendant la Grande Guerre et avait toujours vu en lui un individu particulièrement obstiné. Aujourd’hui, alors que la guerre faisait à nouveau rage, l’officier de la Reichswehr Woermann avait à plusieurs reprises refusé de rejoindre le Parti en dépit des pressions incessantes qu’il subissait. Il n’était pas homme à abandonner une position, stratégique ou autre, après l’avoir adoptée. Les choses devaient aller très mal pour qu’il demande une nouvelle affectation.
