Oui, avec le Rustre, ça ne marchait pas.

Un soir, je rentre du laboratoire. Je suis de l’humeur que vous devinez. Et avec ça, il pleuvait, les feuilles mortes me fouettaient le visage. J’avais un cafard à hurler ! J’allais n’importe où et je tombe sur cet estaminet où nous sommes maintenant. Textuel !

J’entre, je monte sur un tabouret, je passe commande et voilà que j’entends :

— Archie, mon vieux !

Je me retourne et je vois Saül Chamberthy.

— Quel bon vent ?

— Celui qui a tourné, explique Saül.

Le bruit courait il y a longtemps déjà que Saül avait quitté le Centre cybernétique ouest, où il figurait parmi les meilleurs spécialistes. Il aurait eu maille à partir avec la direction…

— Depuis quand les ingénieurs prospères fréquen-tent-ils le « Chien errant » ? demanda Saül en souriant.

Moi, je me tais et je le regarde : franchement, il ne payait pas de mine…

J’invite Saül à une table, on se met à causer, et je lui expose mon problème.

— T’as de la chance, vieux, me donne une tape sur l’épaule Saül.

— Ce n’est pas ce que je dirais…

— T’as de la chance de m’avoir rencontré, précise-t-il. C’est que, sache-le, j’ai décidé de consacrer le reste de ma vie au whisky et au bridge. Vois-tu, j’ai appris sur le tas qu’eux seuls valent quelque chose au monde. En tout cas, c’est mieux que se casser la tête en exécutant les commandes du Ministère de la Guerre. Tu sais bien ce qu’ils nous demandent ?

J’ai acquiescé.

— Aux cartes, je n’ai pas d’égal de l’Atlantique au Pacifique, poursuivait Saül. Tu piges ?

— Donc, tu proposes…



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