
Louis XV l’a confirmé à l’ambassadeur autrichien, qui ajoute :
« C’est aux bons offices de Monsieur de Choiseul – lepremier des ministres – que je dois principalement un succès que j’avais fort àcœur d’obtenir. »
Il n’est pas dans les usages que l’on se préoccupe dessentiments du dauphin de France. La vie de Louis, duc de Berry, Louis XVI àcompter du 10 mai 1774, est donc dessinée sans qu’il ait à y redire. Et leschoix accomplis au nom de la tradition, de la politique et des décisionsroyales, des contraintes dynastiques, ont modelé la personnalité de Louis.
Mais maintenant qu’il est roi, il doit régner.
Il n’est pas sûr de lui.
On ne lui a pas appris à gouverner.
Il sait chasser, battre le fer comme un forgeron ou unserrurier, ou même tracer un sillon tel un laboureur, mais il ignore l’art dela consultation et de la décision politiques.
Il cherche autour de lui des appuis, des conseils.
Son père, Louis-Ferdinand, avant de mourir, avait dressé uneliste de personnalités qui pourraient l’aider de leurs avis. Il interroge sestantes, mais les filles de Louis XV sont de vieilles demoiselles, dévotes. L’uned’elles, Louise, a même pris le voile au carmel de Saint-Denis.
Il se méfie de sa jeune femme Marie-Antoinette, qui n’a pasdix-neuf ans et qui est tout entière soumise aux stratégies du nouvelambassadeur autrichien Mercy-Argenteau, qui veut d’abord servir Vienne.
Il écoute les uns et les autres, hésite entre deux anciensministres, Machault et Maurepas, l’un de soixante-treize ans, l’autre depresque soixante-quatorze !
Il choisit d’abord, sur le conseil de ses tantes, Machault, puis,cédant à d’autres influences, il opte pour Maurepas, exilé par Louis XV dansson château de Pontchartrain. Là, Maurepas reçoit tout ce que Paris compte d’espritséclairés, proches de cet « esprit des Lumières », ouvert à l’économie,aux idées que le « parti philosophique », Voltaire, l’Encyclopédiedéfendent et répandent.
