
Louis XVI écoute les anciens ministres de Louis XV.
Dans ce Conseil et les suivants, on lit les dépêches sansles commenter. Le roi s’ennuie, n’intervient pas, quitte brusquement le Conseilsans même qu’on ait fixé la date du suivant.
Seule décision : le roi renonce par un édit du 30 maiau « don de joyeux avènement », et la reine à un autre impôt, tousdeux destinés à célébrer l’accession au trône d’un nouveau souverain.
Quand, dans le bois de Boulogne, le peuple aperçoit LouisXVI qui se promène à pied sans gardes du corps parmi ses sujets, puis la reinequi vient à sa rencontre à cheval et que les deux jeunes gens s’embrassent, « lepeuple bat des mains ».
« Louis XVI semble promettre à la nation le règne leplus doux et le plus fortuné », peut-on lire dans les gazettes.
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Ces acclamations, cette ferveur populaire spontanée, autourdu château de la Muette, ces hommes et ces femmes qui s’agenouillent sur sonpassage, qui veulent baiser ses mains, ou simplement toucher ses vêtements, rassurentLouis XVI.
Il embrasse de nouveau Marie-Antoinette, et la foule crie :« Vive le roi ! Vive la reine ! »
Tout brusquement paraît simple, évident comme un ciel qui s’estéclairci.
Les sujets aiment leurs souverains. Le roi incarne leroyaume et l’ordre du monde, les Français le savent et l’acceptent.
Il faut être bon, juste et ferme avec eux, les rendreheureux, soulager leurs misères, diminuer autant qu’on le peut les impôts qu’ilspaient, et donc réduire les dépenses exorbitantes, le « vain luxe », ainsique le disait l’abbé Soldani. Sinon ce sont les flambées de colère, ces émotionspaysannes que suscitent, comme en 1771, et même l’année dernière en 1773, lesrécoltes déficitaires. La rareté des grains provoque l’augmentation du prix dublé, et donc de la farine et du pain. Et voici l’émeute.
