Comment éviter cela ?

L’humeur de Louis devient morose. Le sentiment d’impuissancequi souvent le saisit le submerge, et suscite en lui l’ennui.

Il regarde Marie-Antoinette qui rit, qui caracole, mutine, qu’entourentdes courtisans. Elle s’éloigne au galop, cependant qu’il reste là, dans ce boisde Boulogne, hésitant, pressé par ses sujets dont l’enthousiasme tout à coup lelasse, et dont il sait, se souvenant des dernières années du règne de Louis XV,qu’il peut se retourner en mépris et en colère.

Il a l’impression qu’il est prisonnier de cette toile d’araignéequ’est le pouvoir royal dont tous les fils convergent vers lui.

Il faudrait se dégager, agir, mais comment le faire sansrompre des liens qui s’entrecroisent, noués les uns aux autres ? Déchirerl’un, c’est affaiblir toute la toile.

Il lui a suffi de quelques semaines pour découvrir qu’autourde lui c’est un grouillement d’intrigues, d’ambitions, d’intérêtscontradictoires.

On lui suggère ainsi de revenir sur la réforme décidée en1771 par Louis XV et son chancelier Maupeou.

Les caisses royales étaient vides, parce que la guerre deSept Ans – 1756-1763 –, désastreuse, conclue par le calamiteux traité de Paris,a coûté cher.

Il fallait tenter de les remplir, pour éviter la banqueroute.Les nouveaux impôts ne pouvaient frapper que les « privilégiés ».

Les parlements s’y sont opposés. Composés de privilégiés, propriétairesde leur charge, ils se présentent en « défenseurs du peuple » contrele pouvoir royal. Le chancelier Maupeou a voulu les briser, transformer lesparlementaires en agents du pouvoir royal.

Il a exilé les membres du Parlement de Paris, il limite leressort de cette juridiction.

C’est une véritable révolution qui peut permettre à lamonarchie de réaliser des réformes décisives puisqu’elle pourra, enfin, lever l’impôtsur les privilégiés, sans rencontrer la résistance des parlements.



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