
Faut-il, puisque Louis XV est mort, effacer cette « révolution »,redonner toute leur force aux parlements ? Capituler, conforter lesprivilégiés au détriment de l’ensemble du royaume et des intérêts mêmes de lamonarchie ? Louis XVI écoute les conseilleurs qui se pressent autour delui. Il hésite.
Il y a le « camp » de Marie-Antoinette qui récusetoute réduction des dépenses royales, pour qui la monarchie ne peut que respecterles privilèges, dont elle est elle-même l’expression.
Et Marie-Antoinette aime le luxe, les bals et les fêtes, elleaccorde à ses proches qui composent sa « cour » des milliers delivres de rente.
Elle est l’héritière des Habsbourg, fière de son ascendance,soucieuse de défendre les intérêts de la cour de Vienne.
Elle pense court car son éducation a été négligée.
L’abbé Vermond, le précepteur qui a été envoyé auprès d’elleà Vienne pour l’instruire afin de la préparer à son rôle de reine de France, adû constater qu’elle était rebelle à toute contrainte, qu’on ne « pouvaitappliquer son esprit qu’en l’amusant », parce qu’elle n’avait étéaccoutumée à aucun effort et qu’elle était marquée par « un peu de paresseet beaucoup de légèreté ». Mais elle sait séduire, jeune fille au fronthaut et bombé, à la chevelure dorée, à la peau d’une blancheur satinée.
Ce charme auquel personne ne résiste indispose Louis, quandavec Louis XV il la reçoit à Compiègne, puis à Versailles, en mai 1770, pourcélébrer, selon les vœux du premier des ministres Choiseul, le plus grandmariage du siècle et, par là, confirmer de manière éclatante l’alliance duroyaume de France avec l’Autriche.
Cérémonie grandiose, bal, souper, illumination et feu d’artificequ’un violent orage oblige à reporter, marquent ce jour du 16 mai 1770.
Mais Louis dans son lourd costume brodé de l’ordre du
