
Mais le ton qu’emploie Turgot, cette musique philosophique, « encyclopédique »,lui déplaît.
« Il faut, écrit Turgot, vous armer contre votre bonté,de votre bonté même, considérer d’où vient cet argent que vous pouvezdistribuer à vos courtisans, et comparer la misère de ceux auxquels on estquelquefois obligé de l’arracher par les exécutions les plus rigoureuses, à lasituation des personnes qui ont le plus de titre pour obtenir vos libéralités. »
Turgot semble même oublier qu’un roi est au-dessus deshommes, par essence, lorsqu’il écrit :
« C’est à Votre Majesté, personnellement, à l’honnêtehomme, à l’homme juste et bon, plutôt qu’au roi, que je m’abandonne… Elle adaigné presser mes mains dans les siennes. Elle soutiendra mon courage. Elle apour jamais lié mon bonheur personnel avec les intérêts, la gloire et lebonheur de Votre Majesté. » Louis ne répond pas.
Le 1er septembre 1774, il s’installe à Versailles.Il aménage rapidement ses appartements, avec leurs ateliers, leur belvédère.
Il laisse agir Turgot, contrôleur général des Finances, etil a renvoyé les ministres de Louis XV, et le chancelier Maupeou.
Le 12 novembre, il annule la réforme du chancelier etrétablit les parlements dans leurs prérogatives.
Les applaudissements sont unanimes.
Le peuple imagine que les parlementaires, ces privilégiéspropriétaires de leur charge, sont ses défenseurs.
L’élite du tiers état, pénétrée par l’esprit des Lumières, voitles parlements comme des remparts contre le despotisme.
