Le roi aurait été contraint de regagner ses appartements, enordonnant qu’on vendît le pain à deux sols la livre.

C’est la rumeur qui se répand – et elle mesure leretentissement de la guerre des Farines – alors qu’en réalité le roi a faitface, mobilisant les troupes, ne cédant pas à la panique qui s’est emparée debeaucoup de courtisans et de la reine.

Le lendemain, alors que les émeutiers ont quitté Versailles,il écrit à Turgot :

« Je ne sors pas aujourd’hui, non par peur, mais pourlaisser tranquilliser tout. »

Et lorsqu’il rencontrera le contrôleur général des Finances,il ajoutera :

« Nous avons pour nous notre bonne conscience et aveccela, on est bien fort. »

Mais le mercredi 3 mai 1775, des émeutiers attaquent lesboulangeries et les marchés parisiens.

Ces bandes, armées de piques, sont entrées dans Paris enmême temps que les paysans qui viennent vendre leurs légumes dans la capitale.

La population parisienne reste spectatrice, s’étonnant de lapassivité des gardes françaises et du guet qui libère ceux des émeutiers que l’ona arrêtés.

Quand le calme est rétabli à Paris, la guerre des Farinesreprend dans la Beauce et en Brie, en Bourgogne et en Normandie.

La répression cette fois-ci est sévère.

On arrête. On pend, en place de Grève, deux jeunes hommes, l’unde vingt-huit ans, l’autre de seize, qui sont accusés d’avoir dévalisé desboulangeries. Ils crient qu’ils meurent pour le peuple.

C’est Turgot qu’on accuse de « dureté », d’être leresponsable d’une injustice. On dit que le roi a demandé qu’on épargne « lesgens qui n’ont été qu’entraînés ».

Mais le souverain est atteint.

L’espérance avait accompagné les premiers mois du règne etles débuts de Turgot.



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