
Si pourtant des gens malveillants soutiennent que tout cela c’est perdre son temps plutôt que de l’employer, je n’ai rien à répondre, sauf qu’en ce cas mes parents n’auraient pas dû me laisser cent mille francs de rente et une humeur vagabonde.
«La différence entre vous et Robert, reprit ma petite belle-sœur – qui a le goût, le ciel la conserve! de monter en chaire – c’est qu’il se rend compte des devoirs que sa position lui impose, tandis que vous, vous ne voyez que les avantages qu’elle vous procure.
– Pour un homme de cœur, ma chère Rose, répondis-je, les avantages sont des devoirs.
– Absurde!» dit-elle en secouant la tête.
Puis elle reprit au bout d’un moment:
«Voilà sir Jacob Borrodaile qui vous offre une situation pour laquelle vous semblez fait.
– Mille remerciements!
– Il sera ambassadeur d’ici à six mois, et Robert dit que très certainement il vous prendra comme attaché. Voyons, Rodolphe, vous ne pouvez refuser! Acceptez, quand ce ne serait que pour me faire plaisir.»
Lorsque ma belle-sœur emploie ces moyens-là, qu’elle fronce son joli front, croise ses petites mains et me regarde avec des yeux où je lis un réel intérêt pour le grand paresseux, le propre à rien que je suis, et dont elle pourrait très bien ne pas se soucier, je suis pris de remords, je réfléchis aussi qu’après tout, cette situation aurait certains avantages, que ce serait amusant de voir du nouveau. Je répondis donc:
