
« …Les animaux sont répartis en deux sexes, comme la plupart de ceux de la Terre. Les femelles ont une structure biconvexe. Je note une singularité inconnue sur Terre. L’orifice pour l’absorption de nourriture est peint chez les femelles en rouge vif. Les femelles se distinguent aussi par leur peau bigarrée et variable. Elles sont mal adaptées aux conditions d’existence, leur coloration n’étant nullement en harmonie avec les dispositions naturelles : elle est voyante et attire l’attention de loin.
Les têtes des femelles sont couronnées d’ornements complexes, parfois décorés d’une plume, voire de tout un nid (pourtant, mes radars n’y ont pas encore décelé d’œufs). Il n’est pas exclu que ce nid soit destiné à transporter les petits (cf. l’article sur les kangourous, dans la Vie des animaux de Brehm). La représentation grossière du kangourou que j’ai rencontrée ici confirme cette hypothèse.
Les femelles se déplacent difficilement parce que leurs membres postérieurs se terminent par des apophyses pointues et dures qui les gênent pour marcher. Frappant le sol dur de Pluton, les apophyses émettent un son particulier. »
Claquant des talons, Miss Shella entra dans le laboratoire.
— A huit heures, il y a un briefing chez le chef du cycle. Votre rapport vient en premier.
— J’ai à faire. Dites que je serai en retard, répondit MacGrown nonchalamment.
Miss Shella cligna des yeux, stupéfiée. Elle n’avait jamais encore vu une telle insubordination. A la Western, la discipline était militaire (et non sans raisons).
