
— Voici les tout récents, boss, dit avec désinvolture MacGrown, tendant au chef plusieurs radiogrammes. On dirait que là-bas, sur Pluton, mon Minou n’a pas le temps de s’ennuyer !
— Notre Minou, rectifia le chef.
« …Ces animaux passent le plus clair de leur temps sous la terre, lisait-on dans un radiogramme. A la différence des taupes (suivait une référence à Brehm), les Plutoniens possèdent une technique développée de construction des logements souterrains. Leur méfiance et leur acharnement réciproques sont tels qu’ils se cachent dans des trous profonds de plusieurs kilomètres de longueur. »
— Ils ne nous devancent pas de beaucoup, remarqua le chef.
— La suite est encore plus intéressante, répliqua MacGrown, vautré dans un fauteuil, les jambes croisées.
« Les Plutoniens sont fous. Je m’en convaincs chaque jour toujours plus. Non seulement ils s’intoxiquent systématiquement en aspirant de leur gré la fumée d’une plante séchée à cet effet. Ayant à peine appris à construire des appareils à réaction (ce qui les distingue des animaux terrestres), les Plutoniens les chargent de matières meurtrières et les font exploser à grande altitude. La poussière radioactive retombe sur la peau et les aliments des animaux. Ce faisant, les Plutoniens ne réalisent pas qu’ils s’assimilent à l’animal terrestre qui se nourrit de glands tout en sapant les racines du chêne sur lequel poussent lesdits glands.
« Ai établi le premier contact direct avec les Plutoniens, ceci dans le local de l’abreuvoir (voir le radio n°12). Pas assez bien camouflé, près du comptoir sur lequel sont installés les récipients remplis de liquide pour étancher la soif, ai été découvert par un animal venu à l’abreuvoir. Décidant de jouer mon va-tout… »
— Ce qu’il est intelligent ! clama le chef. Il y rattache même les termes du jeu !
« …Décidant de jouer mon va-tout, j’ai transmis mon nom sur ondes courtes. Quel ne fut pas mon étonnement de m’apercevoir que l’être avait compris, de toute évidence, mon nom, car il le répéta à plusieurs reprises : “Minou-Minou-Minou.” Cela prouve que les animaux locaux sont capables de capter et de déchiffrer les signaux radio, à la différence des animaux terrestres. »
