La salle du Temple.

L’espace formait un carré parfait et ressemblait à unegrande caverne. Le plafond, supporté par des colonnes de granit vert, s’élevaità une hauteur impressionnante de trente mètres. Tout autour, des gradinsaccueillaient des sièges en noyer de Russie, capitonnés de cuir. Le mur ouestétait occupé par un trône monumental, sur le côté est, on trouvait un grandorgue dissimulé dans une alcôve. Un kaléidoscope de symboles anciens couvraitles parois. Égyptiens, hébraïques, astronomiques, alchimiques et d’autresencore inconnus.

Ce soir-là, la salle du Temple était éclairée par un ensemblede bougies soigneusement ordonnées. À leur faible lueur s’ajoutait l’éclatdiscret de la lune, un pâle faisceau qui tombait de la grande verrière auplafond et enveloppait l’élément le plus étonnant de la salle : un autelimposant taillé dans un bloc massif de marbre noir, situé en plein centre de laloge.

L’important, ce n’est pas la mort... mais le chemin.

— L’heure est venue, murmura une voix.

L’initié leva les yeux sur l’élégante silhouette drapée deblanc qui se dressait devant lui : le « Grand Commandeur » duSuprême conseil. Véritable légende vivante à presque soixante ans, l’hommeétait un personnage célèbre, aimé de tous et incroyablement riche. Ses cheveuxautrefois noirs grisonnaient, ses traits reflétaient une vie entière de pouvoiret une intelligence hors norme.

— Il est temps de prêter serment, dit-il d’une voixlégère comme la neige qui tombe. Ton parcours s’achève ici.

À l’instar de tous les voyages de ce type, celui de l’initiéavait commencé par le premier grade. Au cours d’un rituel semblable à celui-ci,le vénérable maître lui avait bandé les yeux avec un ruban de velours et,appuyant une dague de cérémonie contre son torse dénudé, lui avait demandé :

— Déclares-tu sur l’honneur ton désir sincère, dénué detoute motivation mercenaire ou autrement indigne, de proposer librement etvolontairement ta candidature aux mystères et aux privilèges de cette confrérie ?



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