Depuis le grand essor de la navigation aérienne, il a fallu éclairer à des altitudes différentes nos montagnes, nos alpes diverses et les signaler aux navigateurs de l'atmosphère. Nos monts d'Auvergne, la chaîne des Pyrénées, le massif des Alpes, ont ainsi à différentes hauteurs des séries de phares et de feux. L'altitude de 500 mètres est indiquée partout par des feux de couleur, espacés de kilomètre en kilomètre; il en est de même pour les altitudes supérieures, de 500 mètres en 500 mètres; des phares tournants signalent les cols, les passages et les ouvertures de vallées; enfin, plus haut, sur tous les pics et toutes les pointes étincellent des phares de première classe, brillantes étoiles perdues dans la pâle région des neiges et que l'homme des plaines confond parmi les constellations célestes.

M. Lacombe, inspecteur régional des phares alpins, habitait depuis huit ans Lauterbrunnen-Station, un joli chalet établi au sommet de la moutée de Lauterbrunnen, sur le côté du phare, à 1,000 mètres au-dessus de la belle vallée, juste en face de la cascade du Staubach. Ingénieur d'un certain mérite et fonctionnaire consciencieux, M. Lacombe était fort occupé. Toutes ses journées et souvent ses soirées étaient prises par ses tournées d'inspection, ses rapports, ses surveillances de travaux aux phares de sa région. M me Lacombe. Parisienne de naissance, assez mondaine avant son mariage, se considérait comme en exil dans ce magnifique site de Laulerbrunnen-Station, où s'était fondé, à 1,000 mètres au-dessus de l'ancien Lauterbrunnen, un village neuf, avec annexe aérienne pour les cures d'air, c'est-à-dire un casino ascendant à 700 ou 800 mètres plus haut l'après-midi et redescendant ensuite après le coucher du soleil.

A Lauterbrunnen — Station, pendant l'été, dans ce chalet suspendu comme un balcon au flanc de la montagne, l'hiver dans un chalet aussi confortable en bas, à Interlaken, M'» e Lacombe s'ennuyait et regrettait l'immense et tumultueux Paris.



20 из 196