— Bien sûr, ils ont l’air moins grands, vus de très loin, marmonna Masklinn.

Il contemplait l’avion. Jamais il ne s’était senti plus petit dans sa vie.

— J’en veux un, gémit Angalo en crispant les poings. Non, mais regardez-le ! On a l’impression qu’il va trop vite, même quand il ne bouge pas !

— Bon, comment on monte à bord ? demanda Gurder.

— Vous imaginez leur tête, à la maison, si on rentrait avec un machin comme ça ! fit remarquer Angalo.

— Très bien, oui. Avec une précision abominable, répliqua Gurder. Mais pour monter à bord, comment fait-on ?

— On pourrait… commença Angalo. (Il hésita.) Tu avais besoin de dire ça ?

— Les roues passent par ces trous là-bas, fit remarquer Masklinn. Je crois qu’on pourrait grimper jusque-là.

— Non, intervint le Truc, coincé sous son bras. Vous ne pourriez plus respirer. Il faut être complètement à l’intérieur. Là où volent les avions, l’air est trop léger.

— J’espère bien, bougonna Gurder. C’est la caractéristique principale de l’air.

— Vous seriez incapables de respirer, insista le Truc avec patience.

— Ça m’étonnerait, s’entêta Gurder. Je fais ça depuis toujours.

— Il y a davantage d’air lorsqu’on est au niveau du sol, intervint Angalo. J’ai lu ça dans un livre. Tout en bas, il y a de l’air en quantité, mais quand on monte, il y en a beaucoup moins.

— Pourquoi donc ?

— Chais pas. Il a le vertige, peut-être.

Masklinn traversa les flaques sur le tarmac de façon à pouvoir examiner l’autre côté de l’avion. À quelque distance, deux humains se servaient de machines bizarres pour charger des boîtes par un trou dans le ventre de l’appareil. Le gnome revint en contournant les énormes pneus et plissa les yeux en inspectant un tube très long et très haut qui s’étirait à partir du bâtiment.



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