
Gurder se jeta à plat ventre et y enfouit le nez.
— Moquette ! s’écria-t-il, au bord des larmes. Moquette ! J’ai cru que je ne te reverrais jamais !
— Allons, relève-toi ! grommela Angalo, gêné de la conduite de l’Abbé devant quelqu’un qui, même s’il était un excellent ami, n’était pas né dans le Grand Magasin.
Gurder se remit debout avec gaucherie.
— Désolé, marmonna-t-il en s’époussetant. Je ne sais pas ce qui m’a pris, tout d’un coup. Ça m’a rappelé le bon vieux temps, c’est tout. De la véritable moquette ! Je n’en avais plus vu depuis des mois.
Il se moucha bruyamment.
— Ah ! il y avait de belles moquettes, dans le Grand Magasin, tu sais. Très belles. Certaines étaient ornées de motifs.
Masklinn leva les yeux vers les profondeurs du tube. Elles ressemblaient à un couloir du Grand Magasin, brillamment éclairé.
— Avançons, suggéra-t-il. Nous sommes trop à découvert, ici. Truc, où sont donc les humains ?
— Ils ne devraient pas tarder à arriver.
— Mais comment est-ce qu’il sait ça ? se lamenta Gurder.
— Il écoute les autres machines.
— Il y a aussi un grand nombre d’ordinateurs à bord de cet avion.
— Oh ! parfait, commenta Masklinn machinalement. Ça va te faire quelqu’un à qui parler, alors.
— Ils sont complètement idiots, rétorqua le Truc, qui réussit à exprimer son dédain sans véritablement posséder quoi que ce soit pour le manifester.
À quelque distance de là, le couloir débouchait sur un nouvel espace. Masklinn aperçut un rideau, et ce qui ressemblait au bord d’un siège.
— Bon, vas-y Angalo, passe devant. Je sais que tu en meurs d’envie.
Deux minutes s’étaient écoulées.
Le trio était assis sous un siège.
