Puis suivit un moment d’attente pesante, comme ce que doit ressentir la balle entre le moment où on la lance et celui où elle commence à redescendre, et quelque chose s’empara d’eux trois pour les agglomérer en un tas gigotant. Le sol se mit en tête de devenir le mur.

Les gnomes se cramponnèrent l’un à l’autre, échangèrent un bref coup d’œil et se mirent à hurler.

Au bout d’un moment, ils s’arrêtèrent. Continuer paraissait assez superflu. En plus, ils avaient besoin de reprendre leur souffle.

Très graduellement, le plancher redevint un sol convenable et ne manifesta plus l’ambition d’évoluer en mur.

Masklinn repoussa le pied qu’Angalo avait posé en travers de sa gorge.

— Je crois que nous volons, annonça-t-il.

— C’était donc ça ? répondit Angalo d’une petite voix. Ça paraissait plus gracieux, vu du sol.

— Quelqu’un est blessé ?

Gurder se remit en position verticale.

— Je suis couvert de bleus, déplora-t-il.

Il s’épousseta. Et puis, comme rien ne peut changer la nature gnomique, il ajouta :

— Il y a quelque chose à manger dans les parages ?

La question de la nourriture ne les avait pas effleurés.

Masklinn tourna la tête vers le tunnel de fils électriques qui se trouvait derrière lui.

— On n’a peut-être pas besoin de manger, supputa-t-il sans conviction. Combien de temps pour arriver en Floride. Truc ?

- Le commandant de bord vient juste d’annoncer que le voyage prendrait six heures et quarante-cinq minutes

— Mais on va mourir de faim ! s’exclama Gurder.

— On va peut-être trouver du gibier, proposa Angalo avec un vague espoir.

— Ça m’étonnerait, fit Masklinn. L’endroit ne me semble pas être du genre à abriter des souris.

— Les humains doivent avoir de la nourriture, suggéra Gurder. Ils en ont toujours.



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