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QUESTION : « Avez-vous vu le Prêcheur ? »

RÉPONSE : « J’ai vu un ver des sables. »

QUESTION : « Qu’est donc ce ver des sables ? »

RÉPONSE : « Il nous donne l’air que nous respirons. »

QUESTION : « Alors pourquoi détruire sa terre ? »

RÉPONSE : « Parce que Shai-Hulud (le dieu-ver) l’a ordonné. »

Les Énigmes d’Arrakis, par Harq al-Ada.

Suivant l’usage fremen, les jumeaux Atréides s’éveillaient une heure avant l’aube. Chacun dans sa chambre, au même instant, ils bâillèrent et s’étirèrent. Autour d’eux, les activités matinales de la grotte avaient commencé. Dans l’antichambre, ils pouvaient entendre les serviteurs qui préparaient le petit déjeuner, une simple bouillie avec des noix et des dattes mêlées à un liquide qui provenait de la fermentation partielle de l’épice. La lumière jaune et douce des brilleurs filtrait depuis le seuil. A cette seule clarté, en même temps, les deux enfants s’habillèrent. Ils revêtirent, ainsi qu’ils l’avaient décidé ensemble, le distille qui les protégerait des vents desséchants du désert. Ensemble, ils firent leur apparition dans l’antichambre et tous ceux qui se trouvaient là s’immobilisèrent en même temps.

Chacun remarqua que Leto portait une cape de cuir ourlée de noir par-dessus le tissu gris et brillant de son distille. La cape de sa sœur était verte et, comme la sienne, maintenue au cou par une agrafe d’or, le faucon des Atréides, aux yeux de gemme rouge.

Harah, l’une des épouses de Stilgar, déclara : « Je vois que vous avez choisi d’honorer votre grand-mère par votre tenue. »

Leto prit son bol en silence avant de lever les yeux sur le visage sombre et ridé de Harah.

Lentement, il secoua la tête : « Comment sais-tu que ce n’est pas nous-mêmes que nous honorons ? »

Harah soutint son regard impérieux sans ciller.



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