
Un homme fit son apparition sur une éminence, derrière eux. Il s’immobilisa pour observer la scène, son regard scrutant tour à tour les enfants et les fauves. Il portait l’uniforme des Sardaukar, gris et noir, avec les insignes de Levenbrech, sous-Bashar. L’émetteur n’occupait qu’un volume réduit sur son torse. Il était maintenu simplement par un harnais passé à son cou et sous ses aisselles, les commandes étant ainsi à portée de la main.
Les félins n’eurent aucune réaction à sa vue. Ils connaissaient leur maître par l’odorat et l’ouïe. Le Sardaukar dévala la pente, s’immobilisa à moins de deux pas des fauves et, lentement, s’épongea le front. Si l’air était glacé, la poursuite était torride. Les yeux pâles du Levenbrech ne quittèrent les deux enfants que pour revenir aux tigres. Une mèche de cheveux blonds et humides de sueur glissa sur son front, qu’il repoussa nerveusement sous son casque noir de chasse. Puis, sa main se porta nerveusement vers le microphone implanté dans son larynx.
« Les fauves les ont repérés. »
« Nous les voyons », dit une voix dans les récepteurs implantés derrière ses oreilles.
« Maintenant ? » demanda le Levenbrech.
« Attaqueraient-ils sans en avoir reçu l’ordre ? »
« Ils sont prêts. »
« Très bien. Voyons donc si ces quatre séances auront suffi. »
« Dites-moi lorsque vous serez prêts. »
« Quand vous voudrez. »
« Alors, allons-y », dit le Levenbrech.
Il libéra tout d’abord une barre qui protégeait une touche rouge, à droite du clavier, sur laquelle il appuya. Les deux tigres, désormais, étaient libérés de leur laisse électronique. Néanmoins, le Levenbrech garda un doigt près de la touche noire, juste à côté de la rouge. Il lui suffirait de l’enfoncer pour arrêter net les fauves si jamais ils venaient à l’attaquer. Mais ils ne lui prêtèrent pas attention. Pour l’instant, ramassés sur eux-mêmes, ils venaient d’entamer leur progression en direction des enfants. Leurs énormes pattes effleuraient à peine le sable.
