Rassuré, le Levenbrech s’assit pour les observer. Il n’était pas sans savoir que, quelque part, dissimulé, un transœil captait la scène pour quelque surveillant installé dans le Donjon de son Prince.

Tout à coup, les tigres progressèrent par bonds et se ruèrent à l’attaque.

Les enfants, tout occupés à leur escalade, n’avaient pas conscience du danger. L’un d’eux émit un rire aigu qui laissa dans l’air glacé des échos cristallins. L’autre, à la même seconde, perdit l’équilibre, se rétablit de justesse et, se retournant, aperçut les fauves. Il tendit la main : « Regarde ! »

Ils étaient encore ainsi, tournant la tête, étonnés, lorsque les deux Lazas bondirent. Ils moururent dans l’instant, sans drame, le cou brisé, et chacun des fauves entama son repas.

« Faut-il les rappeler ? » demanda le Levenbrech.

« Laissez-les finir. Ils ont bien travaillé. J’en étais certain : ils sont absolument superbes. »

« Ce sont les meilleurs que je connaisse », dit le Levenbrech.

« Oui, ils sont vraiment excellents. Nous vous envoyons un véhicule. A présent, nous devons décrocher. »

Tout en s’étirant, le Levenbrech se redressa. Il évitait soigneusement de regarder sur sa gauche, vers le haut, là où il avait repéré un reflet qui trahissait la présence du transœil qui avait transmis son exploit au Bashar installé là-bas, dans les vertes étendues du Capitol. Il eut un sourire. Ce beau travail lui vaudrait une promotion. C’était presque comme s’il sentait le nouvel insigne à son cou, celui de Bator. Plus tard, il serait Burseg, et, un jour, peut-être, Bashar à son tour. Ceux qui servaient avec talent et loyauté dans le corps de Farad’n, le petit-fils de feu Shaddam IV, en étaient récompensés par des promotions généreuses.



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