
Ils achevèrent le montage de leur habitat d’hiver le 21 mars, à l’équinoxe d’automne. Après cela, l’alternance des jours et des nuits devint spectaculaire. Les rayons obliques du soleil jetaient leurs derniers feux avant de disparaître derrière la chaîne d’Olympus Mons, au nord. Commençait alors un interminable crépuscule précédant une nuit d’un noir de poix, piquetée d’étoiles. Ces nuits, de plus en plus longues, finiraient par ne plus faire qu’une. Une seule nuit qui durerait des mois. À cette latitude, la nuit éternelle commencerait peu après la mi-avril. Les constellations étaient les étoiles d’un ciel étrange, étranger à cet habitant du bout du monde qu’était Michel, et elles lui rappelaient l’immensité de l’univers. Chaque jour était sensiblement plus court que le précédent, et le soleil passait plus bas sur l’horizon, ses rayons filtrant comme des coups de projecteur entre les pics de l’Asgaard et d’Olympus Mons. Les gens avaient appris à se connaître.
Lors des présentations, Maya avait dit « Alors vous êtes censé nous évaluer ! » sur un ton incitant à penser que ladite évaluation pourrait s’effectuer dans les deux sens. Michel avait été impressionné. Frank Chalmers, qui suivait l’échange dans le dos de Maya, l’avait bien vu.
Tous les types de personnalités étaient représentés, comme il fallait s’y attendre. Mais pour en arriver là, il fallait qu’ils aient un minimum d’aisance sociale, de sorte que, extravertis ou introvertis, ils parvenaient tous à communiquer assez facilement. Ils s’intéressaient les uns aux autres, bien sûr. Michel voyait beaucoup de relations se nouer autour de lui. Des relations amoureuses, entre autres. Naturellement.
