
Évidemment, il y en avait qui s’en sortaient mieux que d’autres. Certains semblaient ne même pas s’en rendre compte. Les Russes avaient déjà eu l’occasion de se trouver dans des conditions de froid et d’obscurité presque aussi rigoureuses. La tolérance à l’enfermement était pratiquement aussi bonne parmi les chercheurs les plus âgés : Sax Russell, Vlad Taneev, Marina Tokareva, Ursula Kohl et Ann Clayborne. Comme tous les savants obsédés par leurs recherches, ils semblaient avoir la faculté de passer le plus clair de leur temps à lire, à bavarder, ou le nez collé sur un écran d’ordinateur. Sans doute cela venait-il du fait qu’ils vivaient de toute façon cloîtrés dans leur labo.
Ils comprenaient aussi que c’était la vie que Mars allait leur offrir. Quelque chose de pas très différent de ce qu’ils avaient toujours connu. Alors, au fond, la meilleure analogie avec la vie martienne n’était peut-être pas l’Antarctique mais une vie de recherches intenses en labo.
Ce qui l’amena à réfléchir au profil optimal en vue de l’intégration dans le groupe : le chercheur d’âge moyen, passionné, accompli ; sans enfant ; célibataire ou divorcé. Des tas de candidats répondaient à ces critères. D’une certaine façon, ça faisait réfléchir. Sauf que ce ne serait pas juste ; c’était un schéma de vie qui avait son intégrité, ses satisfactions. Michel lui-même répondait aux critères à tous points de vue.
