Maeleström tint ensuite à nous montrer les cuisines de sa merderie. Puis la conserverie où s’affairaient des spécialistes en combinaisons brunes. Nous vîmes, peu après, le graphique de production, et, pour terminer, l’entrepôt de stockage. Ce dernier était particulièrement impressionnant avec ses armoires frigorifiques, ses bacs de retempératurisation, ses chambres à chambrer.

— Seigneur ! m’écriai-je, mais jamais vous ne parviendrez à consommer tout cela, quand bien même vous vivriez cent vingt ans !

— En effet, reconnut en souriant Maeleström, aussi mon intention est-elle de léguer ce stock au National Museum, à la condition que l’on y crée une salle Gustav Maeleström. J’y adjoindrai ma collection privée que je vous montrerai peut-être un jour et qui est dans mon coffre à la banque. Elle comprend quelques pièces extrêmement rares telles qu’un résidu de la reine d’Angleterre émis la veille de son couronnement, une diarrhée du président Nixon prélevée à l’époque du Watergate, et un pet incontrôlé de M. Ford dû aux restrictions pétrolières. Je vous passe une série d’étrons fleur de coin signés des anus les plus fameux du monde des lettres et des arts.

Il jubilait, comme tout collectionneur célébrant ses pièces rares.

Mon lecteur me pardonnera cette relation de notre visite. Elle peut paraître scabreuse à des êtres sensibles et délicats, mais je préfère céder à la vérité scrupuleuse qu’à la décence. Le monde est plein de cons qui se chargent d’être décents pour les autres parce qu’ils n’ont rien de mieux à foutre, qu’ils sont étroits de partout et principalement d’esprit, que leurs idées font la coquille d’escargot, que leur âme pue le rance et leur sexe le renfermé.



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