
Le soleil était à l’aplomb de la propriété. D’un beau rouge de jaune d’œuf opulent.
Une fois dehors, Maeleström me reprit le bras, avec cette familiarité délicate qu’ont les gens sûrs d’eux lorsqu’ils sont sûrs de vous.
— Ami commissaire, murmura-t-il, j’ai lu dans vos yeux que vous aviez révisé votre décision d’hier et que vous allez me rechercher Borg Borïgm. Me suis-je trompé ?
Au « me » près, il disait vrai. Mais je ne le chicanai pas pour deux lettres et admis qu’en effet. La pression de sa chétive dextre se fît plus forte.
— Vous aurez tout l’argent souhaitable, promit-il.
— Ce n’est pas une question financière, monsieur Maeleström. Je préfère que vous m’accordiez une aide psychologique. Je ne sais rien de l’homme qui vous intéresse. Comment, en ce cas, pourrais-je découvrir sa cachette ? Bien sûr, je puis aller à la police, me faire connaître, inventer quelque prétexte et prier mes homologues suédois de me laisser accéder au dossier ; mais vous comprenez bien que ce serait les alerter et me coller des bâtons dans les roues car, à partir de cet instant, je n’aurais plus ma pleine liberté d’action. Ma chance de succès réside dans mon côté « amateur ». Votre ami Borïgm (là, je sentis sa main frémir sur mes muscles) a su se mettre à l’abri des investigations policières. Peut-être est-il plus vulnérable en face d’un quidam étranger ? Ce qui m’est un handicap au départ, c’est-à-dire ma méconnaissance de la langue et des mœurs, peut me devenir un atout. Alors parlez-moi de lui et dites-moi tout ce que vous pouvez m’en dire.
