Sous la voûte feuillue de l’arbre (une espèce de mur et de toit primitifs, avec la solidité de l’écorce réconfortante au toucher), il regarda de nouveau le groupe et l’examina. Une fois par semaine, ils venaient là, quel que soit le temps.

Et ils faisaient des recrues. Ils étaient nettement plus nombreux maintenant que les quelques cœurs vaillants du début. Le gouvernement de la Ville, sans prendre une part active à l’entreprise, était assez bienveillant pour n’opposer aucun obstacle.

A l’horizon, sur sa droite – à l’est, comme l’indiquait la position du soleil –, Baley apercevait les nombreuses coupoles de la Ville, hérissées de flèches, renfermant tout ce qui rendait la vie digne d’être vécue. Il voyait aussi un petit point encore trop éloigné pour être nettement distingué.

A sa façon de se déplacer, et à des indices trop subtils pour être décrits, Baley était certain que c’était un robot mais cela ne l’étonnait pas. La surface de la Terre, en dehors des Villes, était le domaine des robots, pas des êtres humains à part les rares, comme lui-même, qui rêvaient des étoiles.

Automatiquement, il ramena son regard vers les rêveurs d’étoiles et ses yeux allèrent de l’un à l’autre. Il pouvait identifier et nommer chacun d’eux. Tous travaillaient, tous apprenaient comment supporter l’Extérieur et…

Il fronça les sourcils et marmonna :

— Où est Bentley ?

Et une autre voix, quelque peu hésitante, exubérante, se fit entendre derrière lui :

— Je suis là, papa.

Baley sursauta et se retourna vivement.

— Ne fais pas ça, Ben !

— Qu’est-ce que j’ai fait ?

— Tu arrives comme ça en douce. C’est déjà assez difficile de conserver son équilibre dans l’Extérieur, sans avoir encore à craindre des surprises.

— Je ne cherchais pas à te surprendre. Ce n’est pas commode de marcher dans l’herbe en faisant du bruit. On n’y peut rien. Mais tu ne crois pas que tu devrais rentrer, papa ? Ça fait deux heures que tu es sorti et il me semble que ça suffit.



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