« Des Prof… des personnes sans importance, Votre Altesse. »


Des profanes ! Ainsi son informateur anonyme lui avait dit la vérité. Qui eût jamais pensé que des Profanes fussent capables d’offrir une résistance aux gens normaux ? « Des Hommes des Neiges ? » demanda négligemment Pelio en s’efforçant de dissimuler son trouble.

« Non, Votre Altesse. Du moins je n’ai jamais vu d’Hommes des Neiges qui leur ressemblent.

— Je veux les interroger.

— Mais le général baron Ngatheru dispose d’interrogateurs expérimentés à Atsobi… »

Tu te contredis, pauvre sot ! pensa Pelio. Tu es donc effectivement tombé sur une chose intéressante.

« Les étrangers ont-ils été conduits à la garnison ?

— Euh, non, Votre Altesse ; ils se trouvent dans un des cachots de mon palais. Le général baron pensait…

— Fort bien, Parapfu. Je vais donc interroger immédiatement ces étranges prisonniers. »

Le préfet était assez sage pour ne pas s’opposer à un caprice royal, fût-ce celui de Pelio. « Certainement, Votre Altesse. Il sera plus pratique d’utiliser le bassin de transit de mon palais. »

Ils avaient à présent atteint la terrasse de quartz rose entourant la demeure du préfet. Si le palais ne se dressait qu’à cent cinquante mètres du lac, il était néanmoins perché à une quinzaine de mètres de hauteur, sur le flanc de la crête protégeant le terminus de la Voie Royale contre les activités des espions du Nord. Il était naturel que Moragha n’eût pas proposé de gagner le palais en s’y téléportant : l’usage par une telle température d’un bassin de transit risquait en effet d’être un exercice désagréable.

Comme la plupart des édifices construits dans les régions hivernales, le palais disposait d’une entrée pratiquée dans la muraille. Pelio appréciait les ouvertures de cette sorte, car elles lui rendaient en partie cette mobilité que les autres possédaient naturellement.



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