Il y avait trop peu de place à l’intérieur du palais pour que les souffleurs de vent de Pelio pussent remplir leur office, et les salles à l’atmosphère confinée restaient glaciales. La pâle lumière filtrant à travers les épaisses vitres était loin d’apporter le même réconfort que celle qu’il avait l’habitude de voir dans les salles de bal à ciel ouvert du Palais de l’Été. Les esclaves de Moragha circulaient au milieu de l’assistance avec du vin et des sucreries. Le préfet avait même réussi à faire venir un petit groupe de chanteurs du sud d’Atsobi. En somme… une vraie fête.

Parapfu conduisit le prince et ses gardes du corps à l’écart de la foule et, après avoir traversé un jardin intérieur aux plantes flétries ils parvinrent au bassin de transit du palais, au bord duquel les serviteurs leur tendirent des combinaisons étanches.

« Le cachot se trouvant à près de cinq cents mètres au-dessous du sol, je pense, Votre Altesse, que le bassin de transit constitue l’accès le plus pratique. »

Pelio acquiesça et enfila sa tenue. Si Moragha possédait suffisamment d’habileté, ils pouvaient sauter de l’endroit même où ils se tenaient. Mais cinq cents mètres représentaient une longue descente. Un jour, il avait été téléporté jusqu’à six cents mètres de profondeur — directement, sans s’immerger au préalable dans un bassin de transit. Mais l’échauffement qui en avait résulté lui avait donné des maux de tête pendant une nouvenne.

L’eau du bassin étant froide et huileuse, Pelio appréciait sa combinaison imperméable, tout encombrante qu’elle fût (il n’en était pas moins conforté dans son idée que les tropiques restaient le seul endroit où il fût raisonnable de vivre, car l’hiver n’y existait pas). Au moment où Moragha se préparait au saut, Pelio discerna dans l’eau qui l’environnait une tension qui lui était familière. Une seconde s’écoula. La tension s’accentua et il sentit qu’une conversion s’opérait, le bassin d’arrivée se substituant à l’autre.



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