« En outre, pourquoi avons-nous vu si peu d’hommes à l’extérieur ? Qu’est-ce qu’ils font ? Comment gagnent-ils leur vie ?

— Nous avons déjà parlé de tout ça, Bjault. Ces types sont des mineurs. Ils passent le plus clair de leur temps sous terre. Ces collines doivent regorger de cuivre natif. Et je parierais que cette catégorie de mots eneng a quelque chose à voir avec le travail de la mine ; il n’y a donc rien d’étonnant à ce que nous n’ayons pas pu observer les activités auxquelles ils se réfèrent.

— Mais comment transportent-ils le minerai ou le métal, une fois qu’ils l’ont extrait ? Les routes… »Parlons-en, des routes ! Avant de quitter leur orbite, Ajao avait vu les photos prises par Draere. Il y avait bien des « routes », mais elles se réduisaient à des sentiers reliant entre eux les petits lacs artificiels dont le réseau couvrait les continents habités de la planète. Dans certains cas, ces « routes » décrivaient avec une précision géométrique des arcs de cercle s’étirant sur des centaines de kilomètres — sans pour autant suivre le tracé des méridiens. Draere lui avait signalé que les courbes décrites par ces routes correspondaient à l’intersection de la surface de la planète avec des plans parallèles à son axe de rotation. Comment les Azhiris pouvaient-ils être capables d’une telle précision et ignorer en même temps que le plus court chemin entre deux points d’une sphère passe par un grand cercle ?

Yoninne l’interrompit avec une certaine impatience. « Oh, je vous en prie, Bjault ! Il existe peut-être des choses troublantes dans cette civilisation, mais au fond rien d’inquiétant. Nous avons acquis la certitude que les Azhiris ne connaissent ni l’électricité ni l’énergie nucléaire. Et, d’après ce que nous avons vu, ils ignorent même la poudre.



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