
Le souffle de l’explosion atteignit Cheng Chang, qui fut plaqué à son siège par une main géante. Sa voisine se réveilla avec un hurlement et griffa le bras du Chinois dans sa panique. Frénétiquement, Cheng Chang tentait de tirer la poignée de l’issue de secours.
Dans une gerbe d’écume, le Bœing 727 frappa la mer et rebondit, se brisant en deux à la hauteur des ailes et pulvérisant un sampan qui se trouvait malencontreusement là, à relever des casiers de langoustes.
CHAPITRE III
C’était une innocente boîte, entourée de papier marron, où se détachaient des caractères chinois peints en rouge vif, de la taille d’une boîte à chaussures, posée sur une des banquettes, dans le hall du Hilton. Malko venait de passer devant, sans même la regarder. Soudain le cri perçant d’un boy chinois le fit se retourner. Le bras tendu vers la boîte, le jeune garçon tremblait de tous ses membres en hurlant comme une sirène.
En une seconde, ce fut la panique. Les six employés de la réception plongèrent, avec un ensemble touchant, derrière leur comptoir, laissant trois Américaines en plan. Les petites hôtesses en mini-cheong-sam
Le hall s’était vidé comme par un coup de baguette magique. Un seul n’avait pu bouger : un assistant manager assis à un petit bureau, à deux mètres de l’objet. Pour s’éloigner, il aurait dû passer devant. Sans quitter la boîte en carton des yeux il souleva son téléphone, avec des précautions infinies, et composa le 999. Lorsque quelqu’un répondit, il articula d’une voix blanche :
— Venez vite… Il y a une bombe dans le hall du Hilton.
Il raccrocha et demeura rigoureusement immobile, ne quittant pas l’engin des yeux. Des rigoles de sueur glissaient le long de ses bras. Son cerveau vide se refusait à penser.
On aurait entendu voler une mouche. Les ascenseurs s’étaient arrêtés de fonctionner. Un employé de l’hôtel bloquait l’escalator menant à la rue, avec des gestes hystériques. Les rares clients du bar semblaient soudain vissés à leur chaise. Malko, prudemment abrité derrière un pilier, regardait la bombe, n’arrivant pas à croire que c’était vrai.
