
Aussi les Anglais les toléraient-ils, tout en faisant une chasse impitoyable à tout ce qui pouvait ressembler à un agent « noir ».
— Ne me téléphonez qu’en cas d’urgence, avertit Dick Ryan. J’ai un bureau plus discret que le consulat. Electronics of California. Dans San-po-Kong derrière Kai-tak. C’est dans l’annuaire. Nous contrôlons la boîte. Moi, je ne vous connais pas. S’ils vous virent, ça m’évitera une séance de pleurniche de ce fumier de Whitcomb.
Le ferry arrivait en face du Mandarin. Dans quelques minutes, ils seraient à Hong-Kong.
— Qui est Whitcomb ? demanda Malko. L’énumération de Ryan était irrépétable. Il conclut :
— C’est aussi le patron de la Sécurité des British. J’espère que vous n’aurez pas à le rencontrer.
— Et le Coral-Sea ? demanda timidement Malko.
— Aucun risque, fit péremptoirement Dick Ryan. Ils ne vont pas l’attaquer avec des lance-pierres. Tout ce qu’ils peuvent tenter, c’est de poignarder quelques gars, à terre. On y veillera. Allez, salut, maintenant.
Il se leva le premier. Quand il fut à un mètre de Malko, il cria à haute voix, ironiquement :
— Si votre gars vous donne l’adresse d’un bon bordel à Taipeh, appelez-moi, j’y vais la semaine prochaine…
Sa silhouette massive se perdit dans la foule. Malko descendit sans se presser et prit la direction du Hilton à pied.
Dès qu’il fut seul, il regarda la photo. Une bonne bouille de Chinois.
Il lui suffisait de remonter Wardley Street jusqu’à Des Vœux Road. Ainsi il s’arrêterait chez son tailleur. Il avait bien l’impression que Max, l’ordinateur, n’était pas tout à fait au point. Dick était un type solide connaissant son métier.
Dans deux heures il irait chercher l’honorable Cheng Chang à Kai-tak. La photo de Dick était très bonne. Son séjour à Hong-Kong risquait de ne pas se prolonger beaucoup…
