Les douaniers et les policiers tentaient de reprendre la situation en main, refoulant les centaines de personnes qui avaient envahi les bâtiments de l’aéroport. Mais il était presque impossible de trier les simples badauds de ceux qui étaient venus chercher un parent ou un ami.

Sans arrêt, les haut-parleurs déversaient des ordres en chinois.

La matraque haute, les policiers, en short, vidaient peu à peu le grand hall.

Patiemment, Malko tentait d’approcher l’homme qui tenait la liste. Il avait les yeux hagards et se tenait prudemment hors de portée des dizaines de mains qui se tendaient vers lui. Deux policiers chinois, impassibles, la matraque au bout du poing, l’encadraient.

Enfin, son regard se posa une fraction de seconde sur Malko, qui en profita :

— Combien de survivants ? L’autre jeta :

— Sept, pour l’instant.

Ce qu’il tenait à la main n’était finalement que la liste des passagers. Fugitivement, Malko aperçut certains noms cochés de rouge. Les morts, vraisemblablement. Il fit un nouvel effort pour attirer l’attention de l’employé.

— J’attendais un ami, M. Cheng Chang. Est-il parmi les survivants ?

C’est une question qu’on avait dû lui poser deux cents fois déjà. Une grosse Chinoise, derrière Malko, ne quittait pas l’employé des yeux, comme s’il allait faire un miracle.

— Nous ne savons rien, monsieur, dit-il. Il y a des blessés dans les hôpitaux, mais ils ont perdu leurs papiers et nous ne pouvons pas les interroger. Si vous n’êtes pas un parent direct, il faut attendre demain matin.

Il s’essuya le front, hors d’haleine.

— Est-il parmi les morts ou non ? insista Malko. L’autre daigna jeter un coup d’œil à sa liste et laissa tomber.



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