Le boy referma la porte et elle jeta son sac à la volée sur le canapé, puis marcha sur Holy Tong, toujours debout au milieu de la pièce. Le visage du Chinois avait pris une expression à la fois effrayée et avide. Il était fou amoureux de Mme Yao, mais elle lui inspirait également une sainte terreur.

— Imbécile, siffla-t-elle, quand elle fut tout près de lui.

À toute volée, elle le gifla. Les doigts minces laissèrent une traînée rouge sur la joue du Chinois. Il fit un pas en arrière et dit d’une voix geignarde :

— Mais, mais, pourquoi ?

Des larmes dans les yeux, les bras ballants, il était resté debout au milieu de la pièce.

— Pourquoi ? répéta ironiquement la Chinoise. Tu me demandes pourquoi ! Je devrais te tuer.

Holy se laissa tomber sur le divan :

— Je ne comprends pas, gémit-il. Elle vint se planter en face de lui :

— Ah ! tu ne comprends pas ! Eh bien, je vais te raconter une histoire : il y a trois jours, un imbécile dans ton genre s’est présenté à Taipeh chez un officier des Services de renseignements. Il avait à vendre une information très importante sur nous. Il en a lâché un petit morceau pour les appâter…

— Tu me suis ? demanda-t-elle d’une voix dure. Holy opina.

— Malheureusement pour cet imbécile, continua Mme Yao, cet officier avait compris depuis longtemps où était son intérêt. Il nous a avertis immédiatement. Nous avons fait une enquête et découvert la vérité.

» Le traître a été châtié…»

Holy leva sur elle des yeux de chien battu.



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