Or l’inconnu ne pouvait pas être découragé; d’autre part il n’était pas assouvi… «Allons, continuait à songer Arabella frémissante, pourquoi n’écrit-il plus? S’est-il tué, ainsi qu’il me l’écrivait dans une de ses dernières lettres?» Elle relut cette lettre. La volonté d’en finir d’une manière ou d’une autre n’était pas formelle; ce devait n’être qu’une façon de parler…


Et Arabella se perdait en conjectures, en raisonnements, en hypothèses de toutes sortes, son imagination enfantait deux ou trois romans par jour, dans lesquels s’entremêlaient les plus tragiques aventures.

CHAPITRE IV

Où font une rapide entrée en scène des personnages divers destinés à jouer un grand rôle dans la suite de cette histoire.

C’est par une nuit sans lune, sans étoiles, sans planètes, tranchons le mot, sans astres.


Lamentables pour un amateur de cosmographie, les conditions météorologiques de ce firmament sont de celles qu’accueillent avec ferveur tous les gentlemen dont le travail emprunte quelque danger à être exécuté, non seulement au grand jour, mais encore au plus discret des clairs de lune.


– Gardes champêtres, veillez!


Docile à cette objurgation, Parju (Ovide), garde champêtre à Montpaillard, redoubla de vigilance.


Tout à la fois bien lui en prit, et mal.


Bien, si nous nous plaçons au point de vue de l’ordre si cher à son maire, M. Dubenoît.


Mal, si nous ne considérons que le strict intérêt personnel de l’humble fonctionnaire, lequel récolta, au cours de cette mémorable nuit, une tripotée, si j’ose dire, tout à fait en disproportion avec la modestie de son grade.


Parju (Ovide) représente un de ces gardes champêtres taillés sur le vieux modèle qui servait en France à l’époque où cette grande nation, respectée au-dehors, prospérait à l’intérieur.



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